L’éveil à la foi chez les tout-petits

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    « Comment leur parler de l’amour de Dieu, lui qu’on ne voit pas, qu’on n’entend pas, qu’on ne saisit pas ? Comment leur dire qu’il est là dans notre vie, lui que l’on ne peut pas leur présenter ?" Autrefois, la foi ne soulevait pas tant de questions… ou tout du moins, pas chez les plus jeunes. « Quand ma mère me parlait de Dieu, je l’écoutais sans broncher, raconte Juliette. Aujourd’hui quand ma fille de 5 ans me pose des questions sur ma foi, je trouve cela plutôt bien, mais je ne sais pas lui faire partager ce que je ressens. ».

Pourquoi les parents d’aujourd’hui sont-ils si embarrassés ou ont-ils le sentiment d’être si maladroits ? La catéchiste italienne Sofia Cavaletti (1), qui a mis au point et développé une méthode d’éveil spirituel inspirée par les principes éducatifs de Maria Montessori, souligne que le désir de transmettre de l’adulte est souvent parasité par l’idée qu’il se fait de l’incapacité de l’enfant à saisir ce qui le dépasse : « Il y a la conviction – bien qu’elle ne soit pas souvent clairement avouée – que l’enfant n’est pas capable de recevoir des choses si grandes. Or, poursuit Sofia Cavaletti, je suis persuadée que la réalité est tout autre : c’est nous, au contraire, qui sommes incapables de les transmettre avec la simplicité nécessaire. »

Transmettre la foi, ce peut être en effet, et peut-être d’abord, transmettre le bonheur de vivre. C’est ce que pense le P. Christoph Théobald, théologien jésuite, qui affirme que la foi dans la vie est première et innée : « L’inquiétude générale par rapport à la transmission, dit-il, ne doit pas nous faire oublier cet élémentaire : le jaillissement de la foi en la vie. » Si l’on ne peut dissocier croire et croire en la vie, les parents se trouvent donc renvoyés à leur rôle premier : donner la vie. « Cette loi, poursuit-il, oppose une barrière infranchissable à toute stratégie volontariste de transmission, mais nous libère aussi pour l’essentiel. » L’essentiel étant de vivre, d’aimer, de laisser « transpirer » à travers nous ces expériences de vie sur lesquelles nous n’avons pas prise et qui éveilleront spirituellement l’enfant, au lieu de vouloir absolument lui transmettre un bagage spirituel. « Les parents transpirent, les enfants respirent », renchérit le P. Jean-Luc Ragonneau, jésuite.

La psychanalyste Nicole Fabre (2) confirme cette capacité de l’enfant à se construire spirituellement, si les parents savent lui donner « des pierres d’attente », comme la capacité d’accueil, d’émerveillement, de faire silence, de recevoir … Pour l’enfant, l’expérience est première. « À tel point, dit la psychanalyste, que l’enfant se construit une image de Dieu en fonction de son expérience de vie, de la façon dont il est traité, dont on lui parle. Son expérience colore son image de Dieu. »Pour que ces « pierres d’attente deviennent pierres angulaires », la présence attentive et respectueuse de l’adulte aux côtés de l’enfant est essentielle. De nos jours, le savoir intellectuel s’est considérablement développé pour satisfaire la curiosité des enfants, mais aussi pour… rassurer les parents. Il est plus facile d’expliquer à l’enfant ce que la Bible nous apporte que de lui parler de la Résurrection, et ainsi contenir le questionnement de l’enfant, plutôt que de le laisser se développer. Car la foi n’est pas une somme de connaissances ni de savoirs.

L’adulte ne devra donc pas se figer dans une attitude de transmetteur, mais plutôt « être avec » l’enfant et le faire évoluer dans un monde où Dieu peut trouver sa place, en évitant de le bousculer, de le traîner d’activité en activité, ou de lui offrir sans cesse ces distractions qui encombrent son espace intérieur. « Plutôt que de lui faire prononcer des mots ou prendre des attitudes, entraînons-le à vivre la joie, le silence ou le partage », suggère Nicole Fabre. Le plus important pour l’enfant, c’est qu’il y ait cohérence entre ce que l’adulte dit et ce qu’il vit. Ainsi quand un parent emmène l’enfant rendre visite à quelqu’un de malade, ce moment de vie partagée est un moment précieux pour l’enfant. Cette expérience de l’attention à l’autre sera plus féconde qu’une injonction morale. De même un câlin au coin du feu avec son père… Quel rapport avec la spiritualité ? « Un rapport essentiel, explique Nicole Fabre, l’apprentissage du calme qui conduit à l’intériorité, à la familiarité avec la vie intérieure, au sein duquel peut se développer ce travail inducteur de spiritualité. »

Avoir le souci d’éveiller, c’est aussi respecter les découvertes que l’enfant fera par ailleurs, accepter de n’être pas le seul canal de transmission. Si les parents ne sont pas prêts ou trop ancrés dans le dogmatisme, l’enfant ne se sentira pas autorisé à penser différemment. Sofia Cavaletti met ainsi en garde contre toute pression, même en toute bonne foi ! « L’aide que l’adulte peut fournir à l’enfant n’est que préliminaire et collatérale et s’arrête – doit s’arrêter – au seuil du “lieu” où Dieu parle à sa créature », dit-elle.

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