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La crypte de St Romain de Curzon

Curzon, petite ville au grand renom

 

disait la Fée du Pilé, lui prédisant un long mais inexorable déclin : « Tous les ans diminueras / D'une maille (1) et d'un denier. » Archiprêtré du Xle au XVe siècle, comptant, à l'aube du XXe encore près d'un millier d'habitants, Curzon n'en rassemble plus désormais qu'un peu plus de quatre cents.


(1) maille : (au moyen âge) un demi-denier. Loc. « sans sou ni maille ».

La Crypte

 

Mais elle garde un souvenir authentique et précieux de son passé : sa CRYPTE . « A première vue, elle se présente sous une forme habituelle : un volume de plan sensiblement carré auquel s'ajoute une abside . percée d'une unique fenêtre L'ensemble est couvert de neuf voûtes d'arêtes qui s'appuient sur une série de colonnes, quatre dégagées au centre, et dix engagées dans les murs (l'une remplacée par un pilastre maçonné)...Le décor sculpté est d'un grand intérêt. Les colonnes dégagées au centre sont monolithes. Les bases comportent chacune une ornementation différente.Les chapiteaux centraux présentent un mélange de représentations florales et de volutes d'une grande finesse d'exécution. Ceux qui encadrent la fenêtre sont d'une autre origine et taillés d'une manière très malhabile » (Michel Dillange, in La Vendée Romane, Zodiaque.)


Il semble que, pendant une longue période, l'existence de cette crypte fut ignorée. L'abbé Aillery écrivait, vers 1850, à propos de Curzon et de son église : « Plusieurs indices portent à croire qu'il y eut autrefois une église souterraine... ».En 1861, l'architecteBallereau la signale comme découverte depuis quelques années ». Il paraît vraisemblable que la travée du fond (près de l'escalier) se soit effondrée et que l'on ait « bouché le trou », préservant ainsi le reste,.. .pour notre plus grand bonheur.

Chapiteaux, décorés, de la crypte

L’église supérieure

 

Sur le plan ci-dessus, on voit l'ampleur de la reconstruction de 1873.- On remarque aussi la déviation de l'axe longitudinal à partir du transept ; l'explication - traditionnelle mais discutée - en serait l'intention de symboliser l'inclinaison de la tête du Christ sur la croix.

 

Dans le CHŒUR, ce qui accroche d'abord le regard, ce sont les VITRAUX du maître verrier Van Guy, en dalle de verre éclatée, procédé qui engendre de multiples scintillements. Au centre, un grand St ROMAIN hiératique bénit un bateau en partance, puisqu'il est le « patron des mariniers » et d'une paroisse qui fut jadis un port de mer.- De chaque côté, en six médaillons, « les travaux et les jours » de la vie locale.

 

 

Les VITRAUX latéraux ont été offerts, depuis, par des familles. Celui de la façade, du moins la partie inférieure seule rescapée d'une nuit de tempête,passe pour beaucoup plus ancien : au-dessous du « marinier » priant son saint patron apparaissent les armes de Savary de Mauléon « prince de Talmont et (baron) de Curzon » (mort en 1236)... Mystère !

 

Accroché au mur nord, un survivant du retable qui s'élevait au fond de l'abside avant 1873. Ce tableau peint sur bois (début XVÏÏe ?) a attendu, dans l'incognito.. .et dans la sacristie, qu'on l'exhume et le restaure en 1995-96.-


Scène de Crucifixion avec les personnages habituels : Marie, mère de Jésus soutenue par l'apôtre Jean, et Marie Madeleine, méditative. Dans le coin supérieur gauche le soleil se voile la face et symétriquement le croissant de lune peut signifier que la nuit se fait sur la ville.