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Eglise ND de l’Assomption (Longeville)

Son Histoire

D'après les notes de l'Abbé Louis-Marie AVRIL, qui exerça son ministère à Longeville, d'octobre 1962 à septembre 1968, nous pouvons retracer l'historique de "Notre Dame de Longeville". Les vocables de la Mère de Dieu sont généralement regardés comme des indices d'une très haute antiquité chrétienne et nous savons que "Sainte Marie de Longeville", à une date indéterminée, s'est transformée en "Notre-Dame de l'Assomption"


Située aux premières loges du Golfe des Pictons, Longeville dut subir la fureur des envahisseurs normands qui pillèrent son église comme d'autres, alentour pendant les IXe et Xe siècle.

 

 Puis Guillaume le Grand, Comte de Poitiers voulut redonner vie et prospérité à notre région si profondément ruinée par les pirates du Nord et donna, à Guillaume le Vieux, la région de Talmond. Ce dernier fonda l'Abbaye bénédictine de Ste Croix de Talmont. Un prieuré longevillais était rattaché à l'Abbaye, comme l'atteste un manuscrit dans lequel Guillaume le Vieux accorde aux moines, entre autres, le droit d'avoir dans "le port de la Pépière", un vaisseau.


Nous devons la fondation du prieuré à la seigneurie des "Achard de Niort" qui possédait de nombreuses terres à Longeville. Une seconde famille, la seigneurie du Bouil, fut, au Moyen-Age, l'une des plus puissantes maisons féodales du Talmondais. La troisième, est une famille monastique, "Les Chanoines réguliers de Saint Augustin" établis à Angles.

Le prieuré pouvait se trouver à l'est de l’'Eglise.


Les Chanoines d'Angles attaquèrent et chassèrent les moines à mains armées, aidés du pouvoir civil. Sermonnés sévèrement par l’évêque, en 1105, ils rendirent l'église de Longeville et ses biens. Mais en 1112, ils reprirent leur procédure et furent excommuniés publiquement : ils avalent, en effet, brûlé l'église : ils furent déboutés une seconde fois.

Sous l'influence des moines du Prieuré, les Xle et XIle siècle furent une période de foi profonde pour Longeville. Le 27 avril 1305, le village eut l’honneur de recevoir l'Archevêque de Bordeaux, Bertrand de Got, qui fut élu Pape en cette même année et prit le nom de Clément V.


Au XIIle et XlVe siècle, les moines abandonnèrent peu à peu le ministère pour le laisser aux clercs séculiers et les curés se désolidarisèrent des moines pour tenter de conquérir leur indépendance.


Au XIIle et XlVe siècle, les moines abandonnèrent peu à peu le ministère pour le laisser aux clercs séculiers et les curés se désolidarisèrent des moines pour tenter de conquérir leur indépendance.


Au XVle siècle, la Réforme Protestante pénétra en Poitou : c'est le début de la disparition du Prieuré de Longeville. A cette époque, on pilla les églises et on massacra les prêtres. Ainsi Pierre VERY, religieux et aumonier en "l'Abbaye de Thallemont", curé de Longeville s'adressa à son évêque en ces termes "Les Huguenots (...) ont fait les cènes et assemblées à Tallemont et Longeville, (...) faisans comme il est bruiet) entreprises secrettes contre les catholiques, mesmes de leur couper la gorge, comme plusieurs se sont ventez, ou aultrement le faire mourir", L. Brochet a retranscrit sa plainte en date du 4 mai 1564 dans "Histoire des Guerres de Religion du Bas Poitou". Quatre ans après, le 31  mars 1568, l'église de Longeville fut à nouveau saccagée et brûlée. Au château de Talmont on gardait prisonniers de nombreux écclésiastiques.. Ce n'est qu'en 1608 que Richelieu, alors évêque deLuçon vint constater l'état de son diocèse et décida de faire réparer les églises.


A partir de 1648 il faut distinguer à Longeville cure et prieuré La première restait sous le patronage de l'Abbé de Talmont (c'est l'évêque de Luçon qui nomme le curé) et l'Abbé installa un religieux a la tête du prieuré.


Un peu plus tard en 1764, on retrouva un mémoire des paiements faits par la Fabrique pour l'installation d'une cloche.


Au moment de la Révolution, le curé de Longeville prêta "le serment constitutionnel" ; il s'agissait de l'abbé Pierre Gillardeau Mais les longevillais opposèrent à cette période de troubles leur sérénité. L'église fut appelée : "Temple de la Vérité" par les révolutionnaires qui l'utilisèrent comme dépôt d'armes et de munitions. La hauteur de son clocher en fit un lieu de surveillance privilégié et les guetteurs en faction pouvaient sonner le tocsin en cas de nécessité. Mais la cloche permettait au ssi de signaler un incendie ou d'appeler les habitants à écouter un motif administratif  important. Ce n'est que vers la fin du XIXe siècle que l’on installa une horloge. Au moment de la séparation de l'Eglise et de l'Etat et conformément à la loi du 9 décembre 1905, on procéda, à Longeville, aux inventaires : après avoir dressé "l'inventaire" officiel des objets du culte et du mobilier de l’église, on les transmit aux associations cultuelles. Composée en 1 912 "La Longevillaise" chante


"Nous aimons notre vieille église


Qui vit prier tous nos anciens


Son carillon, se flèche grise,


Comme le premier de nos biens".

Son architecture

L'église de Longeville offre, côté ouest, un fronton sobre : "une corniche à modillons détermine deux niveaux. Au-dessus se trouve une fenêtre d'axe dont le seul décor est le relief d'un bandeau d'extrados. A l'étage inférieur s'ouvre un portail d'une grande simplicité. Cinq voussures en arc brisé, aux arêtes abattues descendent jusqu'au seuil (...) En partie haute,le pignon se termine par un triangle nu, souligné seulement d'une légère saillie. Il est rare,conclut justement Michel DILLANGE, de trouver dans un édifice autant de grandeur dans le dépouillement".


Franchissons ce portail et pénétrons dans la nef, édifiée dans la seconde moitié du Xlle siècle et témoignant, selon J. B0ISSIERE, architecte des Bâtiments de France "d'un beau beau gothique Angevin". "Des voûtes très bombées et des maçonneries encore peu percées sont postérieures et datent certainement des restaurations faites après les guerres de religion". D'après J. ROUSSEAU, on ne peut affirmer "qu'il s'agisse bien de voûtes originales. "Michel DILLANGE se montre aussi prudent : "Il semble que les voûtes angevines qui devaient couvrir ce volume n'aient Jamais été construites". Il ajoute que la mouluration des ogives et la couverture des voûtes actuelles ne correspond pas è ce que l'on peut attendre d'un maître d'œuvre de cette époque et qu'il pourrait s’agir d'un pastiche du XVI le siècle, après l'incendie de 1568.


Nous avançons donc, dans une nef à trois travées "séparée par des arcs doubleaux qui reposent sur des faisceaux de sept colonnes aux chapiteaux à feuillages variés de grande qualité et aux bases richement moulurées". A l'extérieur, les fenêtres sont hautes et minces, les contreforts, larges et plats et les modillon de granit qui constituent les corniches restent peu lisibles.


La nef, gothique, offre un contraste marqué avec le chœur et le transept romans. "Tous deux sont voûtés en berceau et la portée des voûtes est faible, environ cinq mètres. Le chœur s'est trouvé modifié à la fin du Xlle siècle : un doubleau qui repose sur deux chapiteaux à feuillage marque l'emplacement du chevet primitif, sans doute semi-circulaire (Michel DILLANGE).


Pour J. BOISSIERE "le chœur devait être terminé par un arrondi et une voûte en cul de four a été remplacée, à la période gothique par un chevet plat". Au fond, un retable du XVIle siècle, masque, en grande partie, la fenêtre axiale. Le transept, comme le chœur, est du plus pur style roman et comme lui, voûté en berceau. Une coupole a été réalisée à la croisée du transept. Un très beau Christ en bois est du XVII° siècle. (La croix a été refaite par un artisan longevillais (M. JAULIN). Le nouvel autel a été réalisé par M. Alexandre PICARD, de Longeville. Les absidioles, de chaque côté du transept ont leur porte latérale obturée. "Le chevet de celle du Nord a été ouvert pour permettre un large accès à une chapelle du XVIle siècle, qui communique par une grande arcade avec le chœur (Michel DILLANGE). Cette chapelle, appelée communément "chapelle aux moines" est dédiée au Sacré Coeur.


Le Clocher, à la croisée du transept est une large tour, aux angles renforcés de contreforts plats, dont chaque face est percée de fenêtres géminées. Imposant, il reste caractéristique : en effet il est doté de quatre clochetons gracieux et d'une flèche en ardoise, construits à la fin du XlXe siècle qui a remplacé vraisem- blablement une tour carrée avec une toiture basse.

Lexique

doubleau : un arc doubleau "double" l’intrados d'une voûte et paraît lui servir d'appui,


intrados : partie intérieure et concave d’un arc, d'une voûte,


extrados : surface extérieure d'un arc ou d'une voûte.


corniche : partie saillante qui couronne un édifice, destinée à protéger de la pluie les parties

sous-jacentes.


modillon . petite console placée sous le larmier de la corniche,


larmier : moulure droite, disposée en saillie eu sommet d'un ensemble décoratif.